Coup dur, mode d'emploi - 350x220

Publication dans Activmag, avril 2016 – Coup dur, Mode d’emploi

Publié dans Activmag, avril 2016

 

La vie est par définition une alternance de moments heureux et de passages douloureux. Et voilà que votre amie se retrouve en difficulté et sollicite votre aide. Vous ne voulez pas la décevoir, mais vous vous sentez désarmée devant ce qui vous semble être une lourde tâche. Voici les différentes étapes de ce qui est couramment appelé « faire son deuil », ce qui vous aidera à comprendre ses attitudes et ses ressentis.

 

La résignation

C’est par définition le fait d’accepter, sans protester, ce qui nous arrive. C’est la première étape, celle qui nous laisse sans voix, celle qui nous plonge dans un chagrin très important. Par contre, le chagrin n’est pas la tristesse, il est la conséquence de notre surplus d’émotion. Le chagrin se manifeste par des pleurs, de la colère, un sentiment d’injustice. La tristesse de son côté est plus intime, et bien qu’elle prenne naissance également à l’annonce de la nouvelle, la tristesse se diffuse à travers nous, tandis que le chagrin s’extériorise. Pendant la résignation, votre amie aura besoin de votre aide, non pas pour la consoler, mais pour la guider sur le chemin de l’objectivité. Il faudra l’inviter à quitter le domaine des émotions dans lequel elle aimerait s’installer et l’astreindre aux démarches administratives, qu’il s’agisse de la perte d’un être cher ou d’une séparation.

L’évasion

Cette période permettra à votre amie de se remettre en route et de construire la suite de son chemin en tenant compte du manque de l’être cher. Et vous vous étonnerez de sa force de caractère. Vous n’auriez pas pensé qu’elle puisse être aussi forte et courageuse. Ce sera probablement une période de grande activité. Elle montera à nouveau des projets. Et vous l’avez compris, elle se remplira la tête pour ne pas penser au passé, ni à l’avenir. Mais être très présente au présent, en se disant que tout peut s’arrêter d’une minute à l’autre. Alors, il faut vivre et vivre intensément chaque minute à notre disposition. Qu’aurez-vous à faire ? Partager l’enthousiasme, ne pas manifester votre étonnement, encourager le changement et faciliter la réalisation des projets. Et vous dire qu’il est bon de rire à nouveau ensemble.

La prostration

C’est probablement à cette période que vous serez la plus utile pour elle. Il s’agira de l’accompagner dans sa tristesse, dans sa douleur. Ce sera, pour elle, le moment où elle réalisera qu’il n’y aura pas de retour possible, qu’on ne pourra pas rembobiner le film de la vie. C’est un moment d’égoïsme durant lequel votre amie sera tournée vers elle et que vers elle. Vous pourrez vous-même en être frustrée. Vos soucis ne seront rien face à son drame. Peut-être même qu’elle ne vous jugera pas à la hauteur de la situation, car peut-être vous n’êtes jamais passée par là, vous dira-t-elle. Et dans ce moment déterminant, elle aura besoin de toute votre bienveillance et de votre compréhension. Elle aura besoin de votre empathie et de votre soutien.

La libération

S’il s’agit d’un deuil, ce sera le temps venu pour ranger les affaires, collecter les souvenirs et se séparer de ce qui n’est pas à conserver. Votre amie aura alors la possibilité de retracer toute la vie de la personne disparue et de se connecter ainsi, non pas aux dernières années, mais à toute une vie. Et cela se fera, par une lecture de lettres ou de cartes postales soigneusement conservées ou par l’ouverture des boîtes à vêtements. Une robe de mariée, des robes de soirée, un nœud papillon, un permis de conduire, une nappe brodée, un disque vinyle, une veste en cuir. C’est un passage difficile, car à la fois, il est libérateur et à la fois, il nous oblige à nous connecter à la réalité. Votre amie fera face à l’évidence. Peut-être aura-t-elle le courage de tout mettre en ordre en une seule étape, peut-être aura-t-elle besoin de garder encore certains bibelots, certains vêtements, dont elle se séparera plus tard.

L’acceptation

Puis vient l’acceptation car nous n’avons pas d’autre choix. Vivre, c’est aller de l’avant, souffrir et repartir, aimer et construire, apprendre et se cultiver, rire et se détendre… Et vous partirez ensemble vers de nouvelles aventures, fortes de ces moments partagés.

 

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©Christine Huchette2015

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