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Maîtriser une rencontre difficile : mode d’emploi

Publié dans Activmag, été 2015

 

Au bureau comme à la maison, il y a des jours où l’on aimerait disparaître pour ne pas avoir à affronter un tête à tête du genre : proposer un nouveau lieu de vacances aux enfants, susciter une soirée entre amis à votre conjoint sédentaire amateur de pizzas, ou encore recevoir un collègue de travail pour lui annoncer une mauvaise nouvelle. Maitriser une épreuve difficile : mode d’emploi !

 

Prenons l’exemple d’un rendez-vous professionnel, programmé à votre initiative. Durant cet entretien, vous allez refuser quelque chose à votre collègue : un congé, une mobilité professionnelle, une prime, … et ce n’est pas agréable. Vous n’avez pas vraiment envie de vous y frotter mais vous n’avez pas le choix, c’est à vous de le faire.

Pour vous sentir mieux et vous donner toutes les chances de réussir, il est intéressant de bien vous y préparer.

Pour cela, dans un premier temps, posez-vous la question suivante : qu’est ce qui fait que je suis dérangée par cet entretien ? Est-ce le fait de devoir jouer le rôle de la méchante, de l’empêcheuse d’avancer. Craignez-vous d’être déstabilisée par la réaction de la personne qui sera en face de vous. Ensuite posez-vous cette même question en prenant la place de votre interlocutrice. Qu’est ce qui fait que cet entretien puisse être difficile pour elle ? Il se peut qu’elle ait peur de perdre le contrôle de ses émotions. Elle est probablement anxieuse à l’idée de voir ses projets être bouleversés. Elle peut être contrariée du peu de marge de manœuvre qu’elle aura pour négocier avec vous. Forte de ces réflexions, vous comprenez que la difficulté d’un entretien est proportionnelle à la représentation que l’on en a. Qu’est ce qui nous gêne ? Est-ce manquer d’arguments et d’informations ? Est-ce de ne pas maîtriser les techniques d’entretien ? Est-ce le message à donner qui serait différend de nos valeurs ? Serait-ce l’appréhension d’une altération de nos relations interpersonnelles, d’une mise à l’écart du groupe ou encore la peur de critiques à notre égard ?

Attardons nous sur la gestion des émotions. Les émotions se maitrisent difficilement et vous pourrez faire face à la colère de votre interlocutrice. Si c’est le cas, ne surenchérissez pas, n’accusez pas à votre tour, n’en faites pas une affaire personnelle. Restez calme, prenez de bonnes respirations ventrales et invitez votre collègue à se modérer ou proposez lui d’interrompre l’entretien pour le reprendre plus tard. A l’opposé, si pour se libérer du poids de la mauvaise nouvelle, votre collègue s’effondre en pleurs, dites lui que vous la comprenez, soyez aussi bienveillante que possible sans encourager les confidences.

Nous avons toutes une échelle de temps pour accepter une mauvaise nouvelle mais nous suivons toutes à peu près le même processus d’appropriation. Après un déni immédiat, un refus d’entendre, de comprendre ou de voir la réalité en face, nous laissons place à la relâche de nos tensions qui peut se traduire par de très fortes émotions. A partir de là, nous sommes capables de reprendre nos esprits et d’envisager la suite des évènements, voire même commencer à négocier pour sortir la tête haute. Ce qui ne nous empêchera pas d’accuser le coup et d’être relativement triste et démotivé provisoirement. Le processus s’achève avec l’acceptation définitive et nous sommes de nouveau capables de mobiliser nos forces et de repartir vers d’autres succès.

Nous pouvons en conclure que pour gérer au mieux un entretien déplaisant et stressant, cela nécessite de se connaître, de comprendre ses propres réactions pour mieux accepter celles des autres. Il faut aussi laisser du temps au temps et oublier, dans ce genre de rencontre, la notion de résultats. Les moyens suffisent … pour réussir.

 

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©Christine Huchette2015

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