13733592 - freedom concept. escaping from the cage

LE PROGEAI

Le « Progreai »

« Progreai » (pour Processus général de recueil des entretiens, auditions et interrogatoires).

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit de prendre le temps d’écouter les suspects, de recueillir la parole avec empathie afin de mettre en confiance la personne interrogée. Ainsi, les enquêteurs détectent des comportements différents que ceux révélés par les interrogatoires habituels qui aident à comprendre la personnalité du suspect.

Jacques Landry, ancien policier québécois, devenu spécialiste en criminologie, a mis au point cette méthode. En général, les enquêtes sont basées sur les résultats de l’ADN, des prélèvements sanguins, des empreintes digitales, etc. Et, selon lui, on ne s’intéresse pas à l’individu lui-même : qui il est, d’où il vient, quelle est sa situation sociale, familiale ou économique.  Il a donc imaginé une nouvelle approche de l’audition, beaucoup plus centrée sur le suspect que sur le crime ou la recherche de preuves. 

Le but recherché est que l’individu soit plus enclin à se livrer.

Il ajoute : « On est là pour connaître l’individu et aller chercher ses motivations. Si on arrive à les déterminer, on a également une compréhension du geste ». Même si on voit dans un premier temps des mécanismes de défense chez le suspect (très souvent le déni ou le mensonge), ils sont en général suivis par une rationalisation des faits. L’idée est d’ouvrir cette facette-là, en discutant avec lui. 

 Si on trouve les facteurs de motivation, on obtient une explication et ça évite énormément les rétractations. Comment peut-on se rétracter quand on a expliqué les motivations qui nous ont conduits à passer à l’acte? C’est beaucoup plus difficile.   

Comment prépare-t-on ce genre d’interrogatoire ? 

En premier lieu, il faut prendre le temps d’étudier le profil de la victime. Il y a des personnes qui sont plus à risque que d’autres, que ça soit un risque présenté dans leur travail, dans l’endroit où ils demeurent, ou par leur propre comportement. On regarde aussi ce qui a pu motiver le geste de l’agresseur : pourquoi cette personne-là, à ce moment-là ? Puis, on se penche sur le profil de l’entourage de la victime.  

Dans un second temps, on fait de même avec notre suspect. Depuis plusieurs années, on se penche notamment sur la présence de l’individu sur les réseaux sociaux, car les informations qu’on peut y trouver sont très révélatrices de sa personnalité. Face à lui, on va d’abord lui parler de sa vie, de son travail, de son comportement, de ses liens familiaux, sociaux, économiques.  

Et quand on a fait le tour de ça, on commence par connaître un peu mieux l’individu et ce qui le préoccupe. Cela peut être ses relations au sein de sa famille, ses problèmes financiers… 

Et si cette méthode était utilisée pour les harceleurs ? Cela aiderait probablement les victimes de harcèlement moral dans leur désir de reconnaissance de leur souffrance

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